Présentation

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Traits de plume
Après avoir pris connaissance de la partie ‘arc et balancier', vous serez plus à même de comprendre ce qui m'a permis de modifier ma perception de l'apprentissage d'un swing de golf. Une idée maîtresse m'a habité, dès le début. Conscient de la dernière chance qui m'était offerte de me bâtir un swing en dehors des chemins précédemment empruntés, par ailleurs sans grand succès, je ne me laissais aucun degré de liberté quant à de possibles adaptations personnelles du concept du pendule. Je cherchais à l'appliquer, me transformant en pendule, dans le practice couvert aménagé dans le sous-sol de ma maison.
Bonalba Golf Course - Spain
Ma folie du golf ne datait pas d'hier et venir habiter sur un golf ne me suffisait pas. Un coin pour la musculation, un vélo pour le cœur et les quadriceps, des photos détaillées de swings de champions pour rêver, quelques panneaux de glaces commandées au vitrier du coin et fixés à bonne hauteur sur les murs de mon practice indoor, tandis qu'au milieu trônait un tapis d'occasion racheté à l'administration du club, constituaient une sorte d'espace golf. Un jardin secret où j'entretenais les illusions d'un homme passionné de golf, approchant la soixantaine.
A toute heure du jour et de la nuit, les glaces renvoyaient l'image d'un homme balançant un club de golf alourdi de ses peines. Par de petits mouvements réguliers de ses hanches, le pendule qu'il était devenu oscillait au rythme de l'espoir.
Là haut, dans le salon, sa femme pouvait entendre le choc des balles de mousse sur les glaces. Elle-même golfeuse, elle le pensait heureux à sa manière et savait qu'elle n'aurait aucun souci à son sujet, tant que le golf serait présent dans sa vie. Lui-même en était pleinement conscient, puisque les fairways étaient devenus sa principale source d'inspiration pour l'écriture de son premier livre sur le golf. Des lendemains assurés, même si les fairways se réduiraient un jour, à la dimension d'une page blanche.
Ne pas chercher à penser ni à faire : Seulement ressentir ce qui se passe. Telle fut ma devise, pour bâillonner mon esprit.
Les premières ‘séances' allaient s'avérer laborieuses pour me conditionner mentalement à pratiquer ce genre d'exercice, enclin à ne savoir faire les choses que si j'en connaissais tous les tenants et aboutissants. C'est d'ailleurs vraisemblablement à cause de cet état d'esprit que les quelques cours dispensés par de bons professeurs n'eurent que très peu d'effet sur mon swing.
Soumis à l'effet hypnotisant du pendule, dans un espace absent de toute réflexion, les sensations, commencèrent à se manifester. Tout d'abord timidement, nous ne nous connaissions pas, puis m'en enhardissant au niveau de mes hanches, nous en arrivâmes à échanger de bien curieuses confidences.
Je travaillais tous les jours chez moi des demi-swings avec un fer 7, en laissant la tête de club s'exprimer par son propre poids, celui de mes peines disparaissant progressivement. Je limitais volontairement ces exercices à une dizaine de minutes au cours desquelles, je demeurais très concentré sur l'effet de pendule et même si je percevais d'excellentes sensations, je suspendais mon entraînement, quitte à le reprendre une heure après.
Avec d'aussi courtes périodes d'entrainement, je m'étais ainsi mis à l'abri de ces fameuses sensations, qui, ajoutées les unes aux autres, finissent fatalement par vous détourner du chemin que vous vous étiez fixé. C'est ce que j'avais appelé la période du chercheur d'or !
En dehors de ces exercices multi-quotidiens dans mon sous-sol, je cherchais également à reproduire ces sensations sur un practice de petit jeu situé à une dizaine de minutes. Sur cette aire engazonnée aux multiples reliefs, je pouvais faire des approches avec de vraies balles. Je cessais de travailler les longs coups. Je dois dire que les sorties de bunkers m'ont beaucoup aidé à travailler avec le poids de la tête de club. J'ai également beaucoup travaillé les yeux fermés et mentalement, sans club, pour parvenir à mémoriser ces sensations.
Au terme de cette première phase, qui dura 2 mois environ -il faut beaucoup de temps pour effacer les défauts imprimés dans votre corps et dans votre esprit, c'est pour cette raison que plus vite vous commencerez et moins de défauts seront à effacer -, j'avais acquis de nouveaux réflexes liés à la notion de pendule.
- Bilan de la phase 1-
On ne peut parvenir à produire un effet de pendule avec un club de golf que si un relâchement général s'opère, tant mental que physique. Une nouvelle démarche mentale, excluant force, frappe et mouvement exagéré du corps, bref un contrôle de soi, doit s'installer dans votre esprit. J'appris à ne plus FAIRE mais à RESSENTIR ce qui se passait entre le club et le corps.
- Il s'en est suivi des demi-swings beaucoup plus en rythme, puisque le pendule m'a fait prendre conscience des périodes de temps différentes quand le club s'écarte de sa position d'équilibre et celui de son retour précédé par ce mouvement du bas du corps (pour tirer la ficelle)
- Le petit jeu s'est retrouvé être le grand bénéficiaire de ce travail. Tout risque de forcer étant exclu puisque je ne descendais jamais en dessous du fer 9.
- Cette voie me semblait prometteuse aussi, je poursuivais dans ce cadre strict. Toujours pas de parcours de golf à mon actif. J'avais réellement disparu des fairways environnants.
Au cours de la seconde période de la reconstruction de mon swing, j'ai éprouvé le besoin d'adapter les mouvements du club à celui de mon corps. Dans l'un de ses premiers livres, D. Leadbetter avait employé l'expression c'est le chien qui remue la queue. J'avais enfin dissocié le trajet du club de la frappe de la balle. Je passais aisément à travers la balle en ‘tournant dedans' pour obtenir un finish complet sans avoir à le provoquer.
A l'issue de cette étape, je me vis aussi régresser au cours d'interminables minutes. Pourquoi ?
J'avais assimilé la notion de pendule dans mon swing et un jour, alors que je travaillais mon swing pendule sans balle, j'ai senti que je pouvais donner une impulsion à ce club afin qu'il prenne une accélération juste avant de traverser la balle - un peu comme avec une balançoire, lorsque vous poussez un enfant -.
« C'est ce qu'il y a de bien dans cette méthode du pendule balancier : vous découvrez petit à petit ce que votre club et votre corps vous enseignent ; vous n'avez plus qu'à l'appliquer. »
La preuve ? C'est qu'après avoir senti cela j'ai voulu ‘faire ce que j'avais éprouvé' et donc je suis intervenu dans le déroulement de mon swing. Je perdis très vite toutes les bonnes sensations auxquelles je m'étais habitué tout au long du swing et mon esprit retomba immédiatement dans ses travers. De spectateur de ce qui se passait entre mon corps et le club, il avait à nouveau repris la direction des opérations.
Je me fis une belle peur mais tout rentra rapidement dans l'ordre en appliquant les notions de pendule-balancier et uniquement cela. Pendant quelques dizaines de minutes, j'avais bien cru ‘rechuter' mais il n'en fut rien. L'idée de la balançoire était absolument correcte mais je l'avais introduite en ‘pensant' et non en ‘ressentant'.
Revenons un instant sur l'exemple de la balançoire dont l'idée m'était apparue un soir tandis que je faisais quelques pas où se balançait avec peine une petite voisine très menue. Voulant lui faire plaisir, je lui proposais de la pousser. Tandis qu'elle émettait de petits cris de contentement, me demandant de la pousser toujours haut, de manière absolument inconsciente, ma main donnait régulièrement une impulsion sur son dos.
Cette impulsion se voulait de plus en plus forte mais à quel moment exact devait-elle avoir lieu pour être en parfaite coordination avec le corps de la petite fille en déplacement ?
Trop tôt, ma main ne pouvait que freiner le mouvement ascendant du corps, trop tard, ma main ne l'aurait atteinte que partiellement. Il y avait clairement un instant précis pour appliquer une force additionnelle à celle générée par la pesanteur et celle du corps en mouvement.
Les mots sont lâchés : force additionnelle et coordination.
Un swing de golf, pour un coup standard, n'est qu'un enchainement d'actions destinées à additionner des forces d'origines différentes. Cela s'appelle la coordination. Je reviendrai ultérieurement sur ce thème car il mérite que l'on s'y penche en détail.
- Bilan de la phase 2 -
Cette méthode d'enseignement me convenait parfaitement au plan psychique, étant même parvenue à effacer totalement mes obsessions techniques. En fait, les seules réflexions qui parvenaient à s'échapper de la boite à idées étaient à contre-sens de ma logique.
Avant je pensais à faire telle ou telle chose, comme par exemple, mettre mon coude là, tourner de cette manière sur la jambe gauche alors que petit à petit, par l'action de mon corps dans ce contexte de pendule, je constatais que je collais à la théorie sans même avoir à y penser.
Je me surpris à penser que tous les livres de golf n'étaient, en fait, que la transcription de l'expérience vécue par leurs auteurs, à l'intention de joueurs qui n'en avaient aucune. Et quand bien même ils en auraient eu, ils en faisaient la plupart du temps une lecture erronée.
Toute la difficulté réside dans la signification du texte voulue par l'auteur passée au tamis de la propre compréhension du lecteur. Le concept du pendule permet d'en faire une lecture arrière et d'en vérifier le sens voulu par l'auteur.
Depuis cette époque, tous les livres de golf se sont vus affecté à un autre usage. Tel un dictionnaire, désormais, lorsque quelque chose cloche dans mon geste, je consulte seulement la partie concernée.
Quand le geste est perturbé parce que le mental ou tout autre chose interfère dans son exécution, il faut faire stop et reprendre des swings à vide avec le concept du pendule. D'ailleurs de nombreux champions ont acquis cette routine. Il n'y a qu'à observer E.Els et surtout Tiger Woods depuis qu'il a modifié son swing.
A raison de quatre à cinq séances de petit jeu par semaine, je consolidais ma démarche. La dernière demi-heure étant consacrée au jeu long. Le moment était venu de manier de plus longs clubs nécessitant un plein swing. Je préférais commencer par les bois joués sur tee.
Le feeling prit de plus en plus de place dans mon petit jeu. C'est surtout une impression de calme que je ressentais. Moins je frappais la balle et plus elle allait loin, me préoccupant uniquement de mon mouvement de pendule.
C'est à cette période que j'ai résolu le paradoxe de la distance et de la force. Le club adéquat en mains, je ne pense pas distance mais réalisation d'un swing. C'était le point de départ d'une préférence à établir de manière durable : une cohérence biomécanique plutôt que la solution de la force uniquement.
Constituez-vous un pendule et maniez-le de manière à accroître sa vitesse. Vous serez obligé d'obéir à la pesanteur pour conserver la ficelle tendue et de parfaire la coordination entre le mouvement de votre main et le poids au bout de la ficelle. Pour un swing de golf, il faut faire même.
Je ne forçais plus dans mon swing, bien au contraire, et mon rythme général devenait plus lent.
Je gagnai de la distance avec tous mes fers et bois. Il allait bientôt être temps de revenir sur les parcours.
Ce retour se fit aussi dans le cadre d'une démarche bien précise. Pouvant sortir seul, tardivement, je profitais d'un parcours quasiment désert pour voir ce que donnait cette nouvelle exécution de mon swing. Pas de témoin, hormis moi-même et ma déception éventuelle. Il n'en fut rien, bien que quelques balles manquées firent resurgir le spectre de l'échec. Quelques sorties supplémentaires, toutes aussi tardives, me permirent d'y ajouter la confiance dans ma manière de vivre mon swing de golf.
L'étape suivante, c'est avec ma femme que les neufs trous s'enchainèrent le soir. Elle jetait un regard sur ce que je faisais, un témoin de mes progrès mais aussi un esprit critique ne demandant qu'à exercer son analyse, puisque je l'avais sollicitée. Les sorties tardives continuèrent et je confirmais les nouvelles dimensions du parcours en fonction de mes coups. J'avais réellement gagné en distances, plus de deux clubs mais, surtout, j'avais repoussé cet instant où les choses n'allant plus très bien, le swing semble tout à coup perdre de sa consistance. Dans ces cas là, je faisais tranquillement deux swings d'essais en pendulant bien puis en m'approchant de ma balle, une fois le stance pris, je pendulais à nouveau. C'est après cette étape que je réapparu parmi le groupe d'amis que j'avais laissé, il y a de longs mois de cela, à la fin du trou six, le désespoir de ne jamais pouvoir passer au dessous de vingt cinq de handicap.
J'étais devenu The Golfer Man. Merci à toi Gilles.
Voici ce que je prends comme une dédicace de sa part et qu'il écrivit en préambule de la parution de mon histoire sur son site :
TGM et le pendule.
Voici le récit d'un golfeur ‘courageux'. Pourquoi courageux ? Parce qu'au golf il n'est rien plus difficile que de rester sur une seule idée, d'aller au bout de celle-ci en y croyant profondément. Les tentations « d'essayer » ci ou ça sont nombreuses, mais le succès est au bout d'un travail déterminé et directement lié aux fondamentaux du geste. Merci pour cette belle démonstration « The Golfer Man ».
A suivre ....
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c'est bien dommage qu'on ait pas de lien vers le site du professeur...
Bonne continuation...
T
Et voila, que par hasard, jour béni que ce 17/02/2008 , je tombe sur votre site, devenu à cet instant , le signe , l'utime espoir d''acceder, par le pendule et avant que mon corps ne devienne une masse rigide et rebelle et de plus en plus lointain , au paradis des bienheureux qui savent contrôler de la trajectoire du club et du coprs à l'unison avec leur tête.Tout cela pour vous dire merci Zebulon. Je vais prendre le temps de m'y attarder avec plaisir. Cherf
Je suis dans cette phase de changement de technique de swing car j'ai decide d'etre a moins de 10 pour le 01/10/06. Je suis alle voir un pro que je connaissais et avec qui je suis dans une relation confiante. Je le lui ai pose la question suivante : "Paul je veux etre a moins de 10 pour le 01/10/06 est ce possible?"
Nous sommes partis faire 9 trous ensemble a l'arrivee il m'a dit :" Ton chalenge me plait jamais on ne m'a pose ton projet en ces termes"
"Je ne peux pas te donner plus d'une demie heure par mois"
"Ton niveau doit se situer entre 6 et 8"
MAIS nous devons revoir un certain nombre de choses que tu dois admettre
Premier axe Technique ameliorer la precision des fers ca debutera par une perte de longueur
Second axe Strategique comment aborder un parcours au debut tu t'amuseras moins (c'est ce qui me chagrinne le plus)
Ca fait deux mois que le processus est en route je n'ai pas abondonne
J'ai étè trés interessé par votre parcours golfique, votre quête du swing et la conclusion que vous en tirez que tout passe par la sensation, le "ressenti", ce que je pense aussi. Aprés avoir arrêté le golf pendant environ sept ans (le travail d'abord!..) je m'y suis remis avec passion il y a un an et demi lorsque l'heure de la retraite a sonné, mais malheureusement je cherche et me cherche toujours. Pourriez vous m' en dire un peu plus sur le concept du "pendule" sur le plan technique ? Est-ce compatible avec un swing classique ou n'importe quel type de swing pourvu que l'on laisse jouer la tête de club à la recherche de "la" sensation (type mike Austin) ? Le balancier est-ce le bras gauche à la montée et le droit à la descente, ou les deux associés, ou l'ensemble du haut du corps, les bras et le club ?
Merci de répondre à un autre chercheur du Saint Graal.
Véritable leçons de golf, sans photos dommage !