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Traits de plume
Le Greensome est fini et mes illusions aussi. Déjà cette nuit, cela m'avait préoccupé.
À deux heures du matin. Bling ! Mes deux yeux s'ouvrent en grand ! Je me connais, il ne me faut surtout pas penser à quelque chose et encore moins au golf.
Je me tourne, je me retourne. J'ai l'impression de rouler sur moi-même et tout à coup, je vois le trou un du parcours que je vais jouer dans quelques heures. Il est magnifiquement vert avec ce couloir bordé d'arbres car les boules de départ ont été reculées.
J'ai joué mon drive en plein milieu et je demande à Elise de jouer sur la droite pour gagner une vingtaine de mètres et ainsi me permettre d'atteindre le green en deux.
Puis je vois le second trou et ce bunker à gauche qu'il me faut éviter et ainsi de suite, les trous défilent devant mes yeux.
On joue bien tous les deux. Elise est longue et précise et mes coups viennent à point finir ce que les siens ont commencé. Deux joueurs de Ryder Cup ne feraient pas mieux ; d'ailleurs, je me demande si....
De temps en temps je regarde le réveil. Deux heures trente, puis trois heures, puis trois heures vingt et je suis en cet instant sur le trou quinze. On est alors six en dessous du par. Je n'y crois pas. Si demain, on joue comme cela, c'est sûr que l'on va étonner tout le monde.
Bon, Je ne trouve pas le sommeil alors vite un demi-comprimé de ce sommeil factice. C'est tard, je le sais, mais je ne peux plus rester ainsi éveillé, en train de jouer une partie parfaite dans mon imagination.
Moi, je ne suis jamais aussi fort que dans mon imagination ! J'y ai même joué à Augusta. D'ailleurs, c'est le thème de mon prochain livre.
Quand le réveil me tira de mon trou de sommeil, j'eus de la peine à l'arrêter. Il me semblait que je venais de m'endormir.
Eh ben dit donc, qu'est ce que tu ronflais !
Ce n'est pas étonnant, j'ai pris quelque chose à trois heures du matin.
Tu es fou !
Eh oui, je le sais.
Alors après mon déjeuner, je descends au sous-sol pour m'échauffer. Je lève des poids, je tente de me réveiller sur mon vélo, mais je me sens mou ! La douche froide prise, je prends un bon café Nespresso et nous partons au club, bien en avance.
Le green fee payé, la carte de score et la position des drapeaux en poche, avec notre buggy nous nous rendons sur le practice sur herbe. Elise s'échauffe de son côté tandis que du mien, je peine à rentrer dans la balle.
Je ne pressens rien de bon car j'ai déjà connu ces matins douloureux sur un parcours quand les coups ne semblent pas avancer, que les approches sont courtes et que les putt s'essoufflent devant le trou béant.
Trop tard pris, ce médicament pour m'aider à trouver le sommeil. Je m'y suis déjà fait prendre et voilà que cela recommence.
Quel idiot je suis ! Je voulais tellement bien jouer, comme dans mon rêve éveillé. Je monte au bar du club et je demande une autre
café. Il me semble que cela va mieux.
Dopage avez-vous dit ? Il n'y a pas de contrôle ici, et puis allez voir aux Jeux Olympiques et trouvez moi un gars ou une fille absolument ‘clean' comme on dit !
Le départ est donné et je joue mon drive en plein milieu, alors je demande à Elise de jouer un peu plus sur la droite...
Hélas, on ne peut confondre rêve et réalité, surtout au golf.
On fera mieux la prochaine fois, c'est-à-dire le 17 Août pour une partie de quatre balles meilleure balle.
Promis, en cas d'insomnie, je me rabattrai sur le whisky, uniquement un pur malt !
Ah le golf !
Si débutants vous êtes, arrêtez-vous vite avant qu'il ne soit trop tard ! Vous ne pourrez pas dire que je ne vous aurai pas prévenu.
N'est-ce pas les Michel de Busot, les Myriam et les Anne, les Charles et les ....?
À bientôt !
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